
L’importante est de noter que le rapport de septembre 2024 sur la politique de compétitivité de l’Union européenne a identifié les prix élevés de l’énergie comme un grand défi. Cette question a été aggravée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a considérablement modifié les marchés énergétiques de l’Europe et élargi l’écart entre les prix de l’énergie aux États-Unis et à l’UE. Pour atténuer l’impact sur la compétitivité de l’UE, plusieurs mesures ont été proposées, notamment la mise en œuvre du pouvoir de marché de l’Europe dans les marchés internationaux de gaz à travers l’achat conjoint de l’UE, la promotion de l’intégration du marché de l’électricité européen et la mise en œuvre de mesures à court terme pour découpler les prix de l’électricité des prix volatils du gaz.
Les arrangements à long terme
Les arrangements à long terme, comme les accords de vente de puissance (PPAs) et les contrats pour la différence (CfDs), sont essentiels pour réduire rapidement les coûts de l’électricité et permettre aux consommateurs de bénéficier de l’énergie renouvelable. Les PPAs et les CfDs fournissent une stabilité des revenus aux producteurs d’énergie et une certitude des prix pour les acheteurs ou les gouvernements. Le Plan d’action sur l’énergie abordable de la Commission européenne, publié en février 2025, a approuvé plusieurs de ces propositions, en particulier la promotion des PPAs et des CfDs.
Cependant, la mise en œuvre de ces mesures reste incertaine. Les initiatives comme une plateforme pour l’achat conjoint d’énergie et de matières premières n’ont pas encore réussi à projeter efficacement le pouvoir d’achat européen. Les conditions externes changent rapidement, et l’Europe s’est engagée à acheter 750 milliards de dollars de produits énergétiques aux États-Unis d’ici la fin de 2028 dans le cadre de l’accord commercial UE-États-Unis. Ce contexte complique la mise en œuvre des stratégies d’achat conjoint, en particulier pour le gaz naturel liquéfié (GNL) américain.
Les appels à réduire artificiellement les prix de l’électricité
Les appels à réduire artificiellement les prix de l’électricité en dessous des coûts de production continuent de survenir. Par exemple, la Commission a adopté un nouveau cadre de subvention d’État en juillet, donnant aux pays de l’UE plus de latitude pour subventionner l’énergie pour l’industrie. Ces subventions sont conditionnelles à l’industrie de faire des investissements dans la décarbonation. Cependant, cette mesure est risquée pour plusieurs raisons. Tout d’abord, elle pourrait avoir des implications de répartition difficiles au niveau national, car les ménages pourraient finir par payer la facture pour les industries énergivores. Ensuite, elle risque de favoriser une course aux subventions dangereuse entre les pays de l’UE. Enfin, elle pourrait maintenir la demande d’énergie élevée et les prix de l’électricité chers en subventionnant les étapes de production énergivores qui devraient se déplacer vers des sources d’énergie propres moins chères, qu’elles soient à l’intérieur ou à l’extérieur de l’UE.
Des réformes ambitieuses sont nécessaires
Pour aborder les problèmes énergétiques de l’Europe de manière plus structurée, des réformes ambitieuses sont nécessaires pour intégrer davantage le marché de l’électricité européen et accélérer l’expansion de l’énergie propre. Cela inclut des délais de permis plus courts pour les projets d’énergie propre et l’expansion du réseau électrique, ainsi que la suppression des obstacles politiques nationaux au développement des interconnecteurs. Le Plan d’action sur l’énergie abordable ne traite pas directement de ces questions, mais la Commission est sur le point de proposer un paquet de réseau européen d’ici la fin de 2025. Ce paquet vise à aider à améliorer et à étendre les réseaux pour soutenir l’électrification rapide et accélérer les procédures de permis, fournissant un outil solide pour livrer l’infrastructure énergétique qui sous-tend la compétitivité européenne.
Une intégration plus étroite du marché de l’électricité européen
Les pays de l’UE devraient s’engager dans une intégration plus étroite du marché de l’électricité européen, qui est cruciale pour une décarbonation accélérée, des coûts énergétiques réduits et une sécurité énergétique renforcée de l’Europe. Pour intégrer efficacement le système électrique européen, les deux matériels et logiciels doivent être mis à jour. Cela inclut une révision globale de la gouvernance de l’Union de l’énergie, en veillant à ce que les décisions importantes de développement du système ayant une pertinence transfrontalière directe soient prises centralement. La Commission n’a pas encore proposé de changements fondamentaux dans ce domaine, se limitant à la lancement d’une tâche force de l’Union de l’énergie en juin 2025. Les mesures pour approfondir l’intégration du marché de l’électricité, prévues pour proposition en début de 2026, doivent marquer un véritable pas vers une véritable union électrique de l’UE pour renforcer la compétitivité, la sécurité et la décarbonation.
La réponse au appel à l’action sur l’énergie
La réponse au appel à l’action sur l’énergie a été jusqu’à présent plus incrémentale que disruptive. Cependant, des initiatives potentiellement significatives sont en cours. Ces initiatives représenteront le moment de vérité de l’Europe pour l’intégration énergétique et montreront si les recommandations sur l’énergie auront un impact réel durable. L’accent doit être mis sur la création d’un marché énergétique robuste et intégré capable de résister aux chocs externes et de soutenir la transition vers un avenir énergétique durable. Cela implique non seulement des mises à jour technologiques mais également des réformes de politique qui assurent un terrain de jeu égal et empêchent les subventions nocives. Le succès de ces initiatives dépendra de la volonté des pays de l’UE de collaborer et de mettre en œuvre les changements nécessaires.
