globo_gris_transparente

Chili : La gauche cherche à dépasser le centre-droit dans la deuxième ronde.

Le Chili se prépare à un ballotage entre Jeanette Jara et José Antonio Kast, ce dernier menant un mouvement à droite. Kast, avec 23,9% des voix, réunit l'appui d'autres factions de droite et est favori. Jara doit attirer des
Le graphique montre le déplacement à droite du Chili avec la croissance du soutien à Kast.

Le Chili affronte le ballottage dans un contexte politique décalé à droite, avec la candidate progressiste qui doit reconquérir le vote modéré pour éviter une dérive ultraconservatrice. Le 14 décembre prochain, l’un des deux candidats passés au second tour dans ce dimanche de mi-novembre succédera à Gabriel Boric à la présidence du Chili. Les deux candidats sont Jeanette Jara, arrivée en tête avec 26,8 % des voix, communiste et ancienne ministre du Travail, en représentation du schéma progressiste, et José Antonio Kast, ultraconservateur leader du Parti Républicain, classé deuxième avec 23,9 % des suffrages. Bien que les sondages aient prédit correctement les candidats au ballottage, ils n’ont pas autant prédit le résultat obtenu par les autres droites, écartées de la troisième place par le succès inattendu du Parti de la Gente de Franco Parisi, qui a totalisé 19,7 % des suffrages. Johannes Kaiser, représentant d’une extrême droite encore plus radicale que celle de Kast, s’est classé quatrième avec 13,9 % des voix, suivi d’Evelyn Matthei, représentante de la droite traditionnelle, avec une proportion de 12,4 %. Avec la réduction de l’abstention à un fait physiologique dans des élections qui étaient pour la première fois obligatoires au Chili, Kast se présente comme le grand favori pour le second tour. Kaiser et Matthei ont déjà confirmé la convergence de leurs votes sur sa candidature, et les trois droites, additionnées, représentent 50 % de l’électorat.

Le parlement chilien s’est décalé à droite

Le parlement chilien s’est décalé à droite avec le vote de ce dimanche, qui renouvelait également la totalité de la Chambre des Députés (155 sièges) et la moitié du Sénat (23 sur 50 sièges). Cependant, depuis le quartier général de Jara, on insiste que la votation de décembre sera complètement différente de celle d’aujourd’hui, où il y avait huit candidats en compétition, et que par conséquent, la partie est tout à faire. Boric, en 2021, est arrivé deuxième au premier tour derrière Kast, puis a gagné au second tour avec le vote fondamental des femmes et des jeunes. Cela s’est produit quatre ans plus tôt, deux ans après l’explosion au Chili de l’estallido social, que le pays a réussi à canaliser dans les institutions. Le monde a beaucoup changé depuis, avec une vague réactionnaire qui le traverse à la suite de Trump, imposant une logique sécuritaire et manipulant la communication avec des fake news et des théories négationnistes.

La campagne électorale de Jeanette Jara

Jeanette Jara n’est plus la favorite et doit se réinventer une campagne électorale capable d’attirer une partie du vote modéré et en même temps mettre en garde contre les risques d’une dérive antidémocratique représentée par son adversaire. En juin dernier, elle avait remporté les primaires du schéma progressiste avec 60 % des suffrages, battant la socialiste Carolina Tohá. Née à Santiago, il y a 51 ans, communiste depuis l’âge de 14 ans, l’administratrice publique et avocate Jara revendique des origines populaires. Entrée pour la première fois au gouvernement pendant le deuxième mandat de Michelle Bachelet comme sous-secrétaire à la prévoyance, en qualité de ministre du Travail du gouvernement Boric, elle a réalisé des réformes importantes des pensions, de la réduction de l’heure de travail à 40 heures et de l’augmentation du salaire minimum.

La philosophie de José Antonio Kast

José Antonio Kast est un avocat de 59 ans et, après avoir fait partie du parti conservateur de la droite (Udi), il a fondé en 2019 le parti Républicain. Sa philosophie est libérale en économie, avec la réduction du poids de l’État, et réactionnaire en matière de droits de citoyenneté, avec la dérogation de la loi sur l’avortement. Dans le passé, il a défendu l’héritage de la dictature de Pinochet et est un leader très actif dans l’internationale de l’extrême droite, souvent convoqué à Madrid par Vox.

Le système politique chilien

Le système politique chilien est souvent décrit comme un « péndule chilien », selon lequel l’opposition est favorisée dans les compétitions électorales au nom d’un changement chimérique. D’autre part, un président au Chili ne peut pas se représenter immédiatement pour un deuxième mandat, donc Boric savait dès le début qu’il gouvernerait pendant seulement quatre ans, ce qui n’est pas beaucoup pour un changement profond. Il a fait quelques réformes avec un parlement fragmenté, il avait promis beaucoup plus, mais il s’est heurté à la résistance au changement, car le changement génère un attitude de défense de la part de ceux qui veulent conserver des positions de privilège.

La narration de la présidence Boric

Il y a aussi une question liée à la narration. La présidence Boric a hérité du processus de réforme constitutionnelle et sa défaite, juste six mois après son entrée en fonction. Le premier texte du nouveau projet costitutif a été rejeté dans un référendum populaire avec 62 % des voix. Cela a été lu comme un échec du gouvernement Boric, même si lui n’en était pas directement responsable.

La candidate progressive Jeanette Jara campagne avec des soutiens diversifiés.