
L’Indice de Leverage Complémentaire (ILC) est un composant critique de la réglementation du capital bancaire, qui applique des exigences de capital uniformes à tous les actifs bancaires, quel que soit leur profil de risque. Cette ratio est essentielle pour les petites banques, qui peuvent trouver difficile et coûteuse de modéliser et de surveiller le capital basé sur le risque. Pour les grandes banques, le ratio de leverage sert de contre-mesure aux exigences de capital basé sur le risque, fournissant une garantie contre les actifs qui se révèlent plus risqués que prévu initialement. Un exemple notable de ce risque est les tranches AAA de titres de créance hypothécaires.
Cependant, lorsqu’il est contraignant ou potentiellement contraignant, le ratio de leverage peut décourager l’achat d’actifs à faible risque et faible rendement, comme les titres de l’État américain. Pour aborder ce problème, une proposition a été publiée pour ajuster l’ILC, le rendant un contre-mesure plus efficace pour les grandes banques. Cette ajustement vise à s’assurer que les banques sont disposées à intermédier et à fournir de la liquidité pour le marché du Trésor sans compromettre les exigences de capital globales et la résilience du système bancaire.
Alignement avec les recommandations de stabilité financière
La proposition est alignée sur les recommandations d’une tâche force de stabilité financière, qui a suggéré que l’ILC devrait être ajusté pour soutenir le marché du Trésor tout en maintenant les exigences de capital globales. Cette alignment est favorable, mais il est crucial de s’assurer que l’ajustement ne réduit pas les exigences de capital globales et la résilience du système bancaire.
Préoccupations concernant la résilience du secteur financier
Plusieurs préoccupations doivent être abordées dans la finalisation de la proposition de règle. Tout d’abord, faire de l’ILC un contre-mesure accroît l’importance des exigences de capital basé sur le risque. La résilience du secteur financier est particulièrement importante dans le contexte économique actuel. Même si l’économie peut être sur la bonne voie pour une croissance décente avec une inflation faible, comme elle est prise en compte dans les marchés financiers, la complaisance n’est pas recommandée.
Les préoccupations concernant la procyclicalité dans le secteur financier, où les normes sont assouplies dans les temps de prospérité, sont valables. La croissance rapide du crédit privé et le potentiel de problèmes similaires dans les banques et leurs régulateurs mettent en évidence ce risque. De plus, les queues des distributions autour de la tendance centrale bénéfique prise en compte dans les marchés semblent particulièrement épaisses, indiquant un risque élevé de développements imprévus dans l’économie et les marchés financiers.
Évaluation de la proposition
Étant donné ces incertitudes, il est préférable d’évaluer cette proposition comme partie d’une revue holistique de toutes les exigences de capital, y compris celles basées sur le risque. Cette approche globale est essentielle pour s’assurer que la résilience globale du système bancaire est maintenue.
Impact sur la résilience du système bancaire
La proposition maintient le capital au niveau de la société mère mais libère un capital considérable au niveau des filiales bancaires. Même si cela ne réduit pas la résilience globale de l’organisation, cela encourage les banques à acheter des titres du Trésor, exposant-elles à un risque accru de taux d’intérêt. Les pertes intégrées dans les titres du Trésor et des agences ont contribué aux problèmes de la Silicon Valley Bank en mars 2023, et des pertes similaires dans d’autres banques ont conduit à la propagation potentielle de ces problèmes.
Protection contre les risques de taux d’intérêt
Pour se protéger contre une augmentation du risque de taux d’intérêt dans les banques, toutes les banques devraient être tenues de marquer les titres de leur portefeuille disponible pour la vente au marché et de faire refléter ces marques dans leur capital réglementaire. Le risque de taux d’intérêt dans ces placements devrait également être soumis aux exigences de capital de risque de marché. De plus, la gestion du risque de taux d’intérêt des banques, y compris pour les titres de leur portefeuille à maintenir à maturité, devrait faire l’objet d’une surveillance étroite des superviseurs.
Préoccupations concernant la société mère
Une autre préoccupation est la potentialité de recours à la société mère comme source de force pour la banque dans une crise systémique. Une fois que le capital est rebranché de la banque vers la société mère et redirigé vers le courtier pour soutenir la création de marché du Trésor, il sera difficile de réverser le flux lorsque les marchés, les banques et les prix des actifs sont sous pression. L’expérience de la crise financière de 2007-09 a montré que le capital était plus souvent rebranché de la banque vers la société mère pour soutenir la filiale de courtier.
Conclusion
En résumé, l’ajustement de l’ILC pour servir de contre-mesure pour les grandes banques est un pas positif, mais il doit être soigneusement calibré pour s’assurer qu’il ne réduit pas les exigences de capital globales et la résilience du système bancaire. La proposition devrait être évaluée comme partie d’une revue holistique de toutes les exigences de capital, et des mesures devraient être prises pour se protéger contre une augmentation du risque de taux d’intérêt et s’assurer que la société mère peut fournir le soutien nécessaire pendant les périodes de stress.
