
L’Union européenne est en train de mettre à jour ses réglementations sur la sécurisation, dans le but d’améliorer le rôle des marchés de capitaux au sein du marché unique. Les nouvelles règles proposées en juin 2025 se concentrent sur la manière dont les banques et les sociétés d’assurance gèrent les risques associés à leurs portefeuilles de prêts. Ces changements visent à simplifier les exigences de déclaration et à libérer potentiellement une capacité de prêt supplémentaire. La législation est considérée comme un pas vers une supervision financière plus centralisée et l’avancement de l’objectif plus large d’une Union des marchés de capitaux, qui fait désormais partie du plan global pour une Union des épargnes et des investissements.
Les règles proposées, qui pourraient être finalisées en 2026, s’attaquent principalement aux réserves de capitaux que les banques et les sociétés d’assurance doivent affecter pour couvrir les risques. Bien qu’il y ait un large soutien pour simplifier les exigences de diligence et de transparence, il y a des débats sur les normes de capitaux. Certains États membres plaident pour une réduction significative, tandis que les autorités bancaires et d’assurance préfèrent maintenir le statu quo. Malgré ces efforts, il n’y a pas d’attente que ces réformes stimuleront considérablement les marchés européens, étant donné le manque de marchés profonds et liquides de l’UE par rapport aux États-Unis.
La crise financière mondiale de 2008
La crise financière mondiale de 2008 a mis en évidence les risques associés à la sécurisation, notamment la mise en paquet de prêts hypothécaires de mauvaise qualité. La crise a révélé des problèmes de mauvaise supervision et la mise en paquet de prêts de mauvaise qualité, entraînant une contagion financière. Depuis lors, les règles de capitaux bancaires mondiales ont été renforcées pour s’assurer que les entreprises tiennent plus de réserves et sont plus conscientes des risques qu’elles prennent. Les autorités américaines ont également réprimé les prêts hypothécaires de mauvaise qualité pour réduire la hazard moral. Au fil du temps, les marchés financiers se sont rétablis et des liens ont été rétablis.
Les actifs sécurisés en Europe
Les actifs sécurisés jouent un rôle beaucoup plus petit dans le système financier européen par rapport aux États-Unis. C’est considéré comme un facteur limitant sur le rôle que les marchés peuvent jouer dans l’économie de l’UE. L’industrie européenne argue que les exigences de capitaux sur les actifs sécurisés sont trop élevées, ce qui entraîne des débats sur la proposition actuelle. Ils font également référence aux agences gouvernementales américaines de mise en paquet de prêts hypothécaires Fannie Mae et Freddie Mac, qui fournissent des garanties contre le défaut de paiement, comme un avantage injuste.
Les différences entre les marchés européen et américain
Dans l’UE, les produits emballés ne sont considérés comme des sécurisations que s’ils sont divisés en tranches de risque. En revanche, le marché américain se concentre sur les actifs sous-jacents qui sont emballés et les flux de revenus qui en résultent. La plupart du marché américain de la sécurisation consiste en des titres de créance pass-through hypothécaires (MBS), qui ne sont pas divisés en tranches de risque. En Europe, les MBS pass-through ne sont pas considérés comme des sécurisations du tout. En excluant les titres de créance garantis par l’État américain, l’activité américaine dans la sécurisation est encore de plusieurs ordres de grandeur supérieure à ce qui se produit en Europe.
Les options pour les investisseurs
Le marché américain offre une variété d’options pour les investisseurs, notamment des produits tranchés comme les obligations de garantie hypothécaire et des produits non tranchés comme les MBS pass-through. En Europe, il y a moins de focus sur la création d’actifs pour le marché secondaire, qui reste limité. Au deuxième trimestre 2025, seulement la moitié des nouvelles émissions de la région, d’un montant de 79 milliards d’euros, a été placée auprès d’un investisseur réel, le reste restant sur les livres de l’institution d’origine. Cette activité limitée du marché secondaire est due à la politique européenne qui se concentre sur les garanties plutôt que sur le rôle des marchés.
Les sécurisations synthétiques
Les sécurisations synthétiques, qui dominent le marché de l’UE, ne sont généralement pas négociées. Elles permettent aux prêteurs de mettre en paquet leurs prêts pour améliorer leur comptabilité réglementaire, ce que la législation actuelle adresse. Même si cette pratique peut libérer un peu de place pour de nouveaux prêts, elle ne conduit pas à un marché secondaire prospère.
Le futur de la sécurisation en Europe
À l’avenir, les négociations sur les propositions actuelles sont attendues pour trouver un compromis raisonnable, permettant ainsi l’avancement de l’agenda de l’UE. Cela montre que la réglementation financière est un cadre vivant qui peut s’adapter avec le temps. Cependant, cela ne crée pas une classe d’actifs profonde et liquide qui attire les investisseurs du marché secondaire et ancre un système financier vibrant.
Une vision plus large de la sécurisation
À long terme, l’UE pourrait bénéficier d’élargir ses ambitions. Au lieu de se concentrer uniquement sur de nouvelles façons de diviser les risques de crédit existants, ces instruments financiers pourraient devenir une nouvelle opportunité d’investissement pour les planificateurs de retraite ou être utilisés pour renforcer les marchés de prêt au-delà des prêts hypothécaires, comme ceux qui alimentent la transition verte. Pour atteindre leur potentiel en tant qu’outil pour stimuler la demande, la liquidité et la croissance économique, une vision plus large de la sécurisation aiderait. Cela inclut la création d’actifs pour le marché secondaire et la promotion d’un système financier plus vibrant.
